Georges Bock

né le 30 août 1917

 


1937 - Georges Bock et une amie dans les Pyrénées-Atlantiques

Dans les années de son enfance et de son adolescence, il vécut à Breslau, aujourd’hui Wroclaw, en Pologne, sa ville natale (l’indication « Bralin » comme lieu de naissance, dans la liste des déportés du convoi 73, est erronée).

Son ami Wolfgang Ernest Cohn, originaire de la même ville, qui demeure aujourd’hui à Dijon, se souvient avoir côtoyé Georges Bock à Breslau, dans le mouvement de jeunes sionistes de gauche « Die Kamaraden ». C’était au début des années trente.

Après avoir émigré l’un et l’autre de l’Allemagne nazie, dès 1933, nos deux amis se retrouvèrent en France, étudiants internes à l’École d’Agriculture et de Viticulture de Beaune (Côte d’Or). Selon Wolfgang, Georges s’y révéla le meilleur élève de sa classe. Mon frère aîné, Emmanuel Herz, né en 1921 à Ingolstadt, donc de même origine juive allemande, devenu à son tour élève dans la même école à Beaune, se lia tout naturellement d’amitié avec ces deux camarades.

 

Arrive le temps des vacances. Nous sommes à l’été 1937. Nos jeunes gens fréquentent les Auberges de la Jeunesse. Sur les deux photos ci-après, nous voyons Georges en agréable compagnie au bord d’une belle rivière des Pyrénées, peut-être le Gave d’Oloron. La troisième photo montre Georges et mon frère Emmanuel avec leurs vélos, du côté de Saint-Jean-de-Luz, la même année. Jeunes heureux, qui ne pouvaient se douter du sort qui les attendait (Emmanuel fut également déporté, par le convoi 40 du 4 novembre 1942, après avoir été refoulé de Suisse où il avait vainement cherché refuge).

Ayant terminé ses études, Georges Block trouva du travail dès avant la guerre, chez un cultivateur de la Côte d’Or, à Belleneuve, un village non loin de Dijon. Il y resta pendant la guerre. J’ignore s’il se sentait en sécurité à la ferme, sous l’Occupation. Tout le village, bien sûr, connaissait sa présence.

1937 - Georges Bock et deux amies dans les Pyrénées-Atlantiques

 

Le patron de Georges avait une fille, Simone. Les jeunes gens se plurent. Ils se fiancèrent, avec l’intention de se marier après la guerre.

Hélas, il se trouva un voisin malveillant qui mentionna devant les militaires allemands la présence d’un Juif au village. C’est ainsi que Georges fut arrêté à la ferme de son employeur par les policiers allemands, le 20 avril 1944. Incarcéré d’abord à la prison de Dijon, il fut envoyé à Drancy, où son sort se trouva scellé.

Sa fiancée, sans nouvelles de Georges, attendit vainement son retour après la guerre, pendant des années, avant de se résoudre à faire sa vie avec un autre.

Herbert Herz
Août 2000

1937 - Georges Bock (avec un béret)
et Emmanuel Herz (tête nue)